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Apprendre, c’est se transformer
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Dispositif

Sur un texte de Marilyn Ferguson, "Les enfants du verseau", Calmann-Lévy, 1981

1. Distribuer le texte (ci-dessous) à chacun.

consigne : travail individuel, souligner ce qui interpelle, touche, fait sens.
Après la lecture, pointer 10 idées et les classer par ordre d’importance.

2. en petits groupes, confronter ses listes, échanger ses points de vue, sa façon de comprendre le texte, noter et se mettre d’accord sur une, deux ou trois idées centrales.

3. Schéma heuristique. Chacun repart avec sa liste, enrichie des apports de la discussion de groupe et met au centre d’une feuille blanche son idée centrale, puis organise autour de ce centre les autres idées, en feu d’artifice (ou en "étoile éclatée") en tenant compte de la proximité-distance entre les idées, des connexions-oppositions, si c’est proche de l’idée centrale ou périphérique...

4. étape (facultative) d’expansion : chacun place sa feuille (A4) au centre d’une feuille A3 (colle non permanente ou gomme adhésive) et passe le tout à son voisin qui ajoute dans la "marge" ses commentaires, associations, illustrations, nouvelles idées...
dans le but de donner
- sur l’axe "cohérence théorique" de l’ampleur, d’élargir le cadre, d’approfondir les concepts, de faire réfléchir ou d’apporter un défi à l’auteur, ou faire l’avocat du diable, créer des tensions entre les idées,
- sur l’axe "pratique de classe", des applications, des suggestions de "faire", des exemples pratiques...

Après 5 minutes, il passe la feuille au voisin suivant, etc...
Les feuilles peuvent aussi circuler librement à droite et à gauche...

5. Socialisation : faire circuler ou afficher.

6. Bouclage de la démarche : prendre un engagement pour soi-même - avec soi-même - une chose concrète qu’on s’engage à faire.
Vérifier si on y adhère à fond, à 100 % (aucune "partie de soi" ne manifeste de réticence). C’est alors une décision, on n’a plus à y penser, la réalisation coulera de source, sans effort, comme une évidence.
Seuls ceux qui le souhaitent communiquent ces engagements - décisions aux autres. Pas d’obligation. De toute façon, il est utile de trouver un témoin à cet engagement, par exemple avec la consigne de trouver un partenaire avec qui on partagera - et avec lui seul - son engagement.

7. A la fin du cours, ou après quelques mois, si c’est possible, on suggèrera une auto-évaluation personnelle, si possible avec un partenaire, sans communiquer le contenu à d’autre qu’à ce seul partenaire.

Annexe : le texte de Marilyn Ferguson

Apprendre, c’est se transformer.

On peut considérer l’élève comme un système ouvert - une structure dissipative - en interaction avec l’environnement, y puisant de l’information, l’intégrant et l’utilisant. L’élève transforme les données, ordonnant et réordonnant, créant une cohérence. Sa vision du monde s’élargit en permanence pour incorporer du neuf. De temps en temps il arrive que ça casse et se reforme, comme lors de l’acquisition de techniques et de concepts importants et nouveaux : apprendre à marcher, à parler, à lire, à nager ou à écrire ; apprendre une deuxième langue ou la géométrie. Chaque acquisition est une forme de changement de paradigme.

Un changement dans l’apprentissage est précédé par une période de stress dont l’intensité s’étend selon un continuum : malaise, excitation, tension créative, confusion, anxiété, douleur ou peur. Carlos Castaneda a décrit dans "L’Herbe du diable et la petite fumée" la surprise et la peur dans le processus de l’apprentissage :

"Il commence lentement à apprendre - petit à petit au début, puis par pans entiers. Ses pensées entrent bientôt en contradiction. Ce qu’il apprend n’est jamais ce qu’il s’était représenté ou imaginé, et il commence à avoir peur Apprendre n’est jamais ce que l’on attend. Chaque pas dans l’apprentissage est une nouvelle tâche et la peur dont l’homme fait l’expérience commence à monter implacablement, inflexiblement. Ce qui I’a motivé est devenu un champ de bataille... Il ne doit pas s’enfuir. Il doit défier sa peur, au contraire, il doit faire le pas suivant dans l’apprentissage, puis le suivant, puis l’autre encore. Il doit être complètement effrayé, et pourtant il ne doit pas s’arrêter. C’est la règle ! Viendra un moment où son premier ennemi battra en retraite. Alors, apprendre ne sera plus une tâche terrifiante."

L’enseignant qui transforme sent chez le « disciple » ou l’étudiant s’il est prêt à changer, et il l’aide à répondre à des besoins plus complexes, transcendant les anciens niveaux encore et toujours. Le vrai enseignant apprend également et est transformé par la relation. Tout comme Bruns a montré qu’un dictateur n’est pas un vrai leader car il n’est pas ouvert à la réaction de ceux qui le suivent, un enseignant qui se ferme, qui ne fait qu’exercer le pouvoir, n’est pas un vrai maître.

L’enseignant fermé peut gaver l’étudiant d’informations, mais l’élève retire sa participation. Les étudiants, comme les citoyens sous une dictature, ne peuvent faire connaître en retour, à celui qui est supposé faciliter leur croissance, leurs besoins, leur maturité pour un changement. C’est la différence entre un haut-parleur et un interphone.

L’enseignant ouvert, comme un bon thérapeute, est capable d’établir une relation, une résonance, de ressentir les besoins, les conflits, les peurs et les espoirs inexprimés. Respectant l’autonomie de l’élève, l’éducateur passe plus de temps à aider à articuler les questions urgentes qu’à exiger des réponses correctes.

Nous apprenons à cheminer à travers les peurs qui nous retiennent. Dans la relation transformative avec l’éducateur, nous frôlons le précipice, notre paix est perturbée et nous sommes défiés par ce que le psychologue Frederick Perls a appelé « un danger sécure ».

L’environnement optimum en matière d’apprentissage doit offrir une sécurité suffisante pour encourager l’exploration et l’effort, et doit être assez passionnant pour nous pousser en avant. Bien qu’un environnement humaniste ne soit pas une condition suffisante à la transformation/éducation, il engendre cependant la confiance nécessaire. C’est dans les enseignants qui, lorsque c’est nécessaire, savent nous imposer stress, douleur et travaux pénibles que nous avons confiance. En revanche, nous éprouvons du ressentiment à l’égard de ceux qui nous poussent afin de satisfaire leur propre ego, nous stressent avec des doubles contraintes ou nous font plonger en eaux profondes lorsque nous craignons de n’avoir plus pied.

Or, un stress opportun est essentiel. Les éducateurs peuvent échouer dans leur tentative de transformation s’ils ont peur d’indisposer l’élève. Un maître spirituel a dit que « la véritable compassion est sans pitié ». Ceux qui nous aiment peuvent bien nous pousser lorsque nous sommes prêts à voler.

L’enseignant trop mou renforce la volonté naturelle de l’élève à battre en retraite et à se tenir en lieu sûr, à ne s’aventurer jamais pour quérir un nouveau savoir, à ne risquer jamais. L’enseignant doit savoir quand il lui faut laisser l’élève lutter, réalisant que 1’ « aide » ou le réconfort, même lorsqu’ils sont demandés, peuvent interrompre une transformation. C’est le même bon sens qui sait que le nageur doit se laisser porter, que le cycliste doit réaliser un nouvel équilibre interne. Même au nom de l’amour et de la sympathie, on ne doit pas nous épargner d’apprendre.

Le risque apporte ses propres récompenses : l’allégresse d’avoir percé une limite, d’être allé de l’autre côté, le soulagement de la guérison d’un conflit, la clarté lorsqu’un paradoxe se dissout. Quiconque nous enseigne cela est l’agent de notre libération. Finalement, nous apprenons profondément que de l’autre côté de chaque peur nous attend une liberté, que nous devons nous charger du voyage, nous pousser au-delà de notre répugnance, de nos appréhensions et de notre confusion vers cette liberté neuve.

Une fois que cela arrive, quel que soir le nombre des échecs et des détours, notre vie suit un cours différent. Quelque part réside cette claire mémoire du processus de transformation : de la nuit à la lumière, de là perte à la découverte, de la multiplicité à l’unité, du chaos à la clarté, de la peur à la transcendance.

Marilyn Ferguson, Les enfants du verseau, Calmann-Lévy, 1981


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