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Musique, danse et calligraphie
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Geste, signe et co-construction du sens

Le corps est un outil de connaissance. Et la beauté, une forme d’intelligence.

"Concevoir le savoir comme étant à la fois une idée, une façon de la connaître et une façon de la ressentir." (Brith Mary Barth, vie pédagogique, n° 99, p. 43)

- tracer la musique, la calligraphier.
- danser son tracé, sa calligraphie.
- dessiner, calligraphier sa danse.

Matériel : beaucoup de papier différents, encre de chine, écoline, pastels, crayons de couleurs et marqueurs, pinceaux et Q-tip...

A. PRÉPARATION

1. Travail écrit individuel (court, quelques minutes) sur
• "qu’est-ce que le beau ? un beau signe, un beau geste, un beau logo, un beau dessin, un beau mouvement, une belle écriture ?
• qu’est ce qui est commun à tout ce qu’on trouve beau ?

• Partage par petits groupes (3 ou 4 personnes)
• Reprendre au vol, au tableau, les concepts-clés associés à la beauté.
Ne pas entrer dans la discussion.

2. Exposé : les 5 ou 6 partis-pris et axes théoriques.
L’exposé des enjeux, des partis-pris et des sources, selon les avis, se place mieux au début de la démarche ou à la fin, au moment de la théorisation.
On distinguera
- les partis-pris d’Education Nouvelle et d’autres, plus théoriques et
- les hypothèses de travail.
- les outils et les champs parcourus par la démarche.

3. Exercices de mise en condition gestuelle. Par exemple exercice "des oiseaux", en Tai Chi. Les faire précéder d’un échauffement et d’exercices progressifs d’assouplissement. Contrairement à ceux des petits enfants, nos corps engourdis ne sont habituellement pas prêts d’emblée à bouger harmonieusement !

4. Ecoute d’une mélodie simple * en la dessinant avec les mains (et le corps éventuellement) dans l’espace. (fermer les yeux : on ne se préoccupe pas des autres, ni de regarder ni d’être regardé)
(* exemple : une des "pièces pour l’amour" de J. J. Cale ou un morceau simple de Pinguin Orquestra, comme "Sign of life" ou "Powaqqatsi" de Philip Glass.)

B. MISE EN OEUVRE

5. Etape facultative : assis à table, écoute visualisée d’un morceau de musique **
Ecoute en imaginant le tracé du pinceau ou de la plume qui trace, dessine ou écrit la musique. Laisser venir les images, les sensations, les mots s’il y en a, imaginer les mouvements ou les gestes.

(** "from birds in the morning", op. 89 de Erik Bergman (CD Musique contemporaine de Finlande) ou "Open plain" Leevi Madetoja(du même CD), ou flûte de Findhorn - double vie de Véronique - Garbarek - Arvo Pärt - une des "23 pièces pour l’amour" de J.J. Cale...)

Pendant quelques minutes, après cette première écoute, noter sur une feuille, quelques mots, échos d’impressions, de sentiments... ou tracer quelques dessins.

On peut passer directement à l’étape 6.

6. Ecoute graphique, "écrite", du (même) morceau de musique : pendant qu’on écoute, tracer la musique sur une feuille de papier A3 (matériel à disposition)

7. En s’inspirant de ce qu’on a tracé sur sa feuille, inventer un calligraphie d’une écriture imaginaire.

• avec tous ces signes et motifs, inventer une écriture et faire des séries, des variations.
"Inventer la calligraphie d’une écriture imaginaire de cette musique"

• on va voir les oeuvres des autres et on s’approprie quelque chose qui nous intéresse chez les autres, en recopiant.

Munis d’une feuille de papier et d’un crayon, et avec un cache éventuellement, on repère quelques motifs qui nous plaisent chez les autres, et on les reproduit sur sa feuille.

• embellir sa calligraphie (avec les gestes - les traces de geste - rencontré ches les autres).

Réécoute du morceau pendant ce temps, en musique de fond, si c’est souhaité par le groupe.

Après ce travail, donner accès à l’iconographie.
(présenter une série de "modèles" photocopiés ou consulter directement les livres, si on les a :
- African designs, Dessins shoowa, livres sur l’Art Nouveau, "Des signes et des hommes" d’Adrian Frutiger, éd. Delta et Spes, les calligraphies d’hassan Massoudy, etc...)
Possibilité de recopier des signes et des motifs, pour les intégrer à son travail graphique.

• écrire des bribes de textes qui donnent du sens, mettent en perspective.

• Partage par deux.

- Circuler dans la pièce avec son dessin visible par tous et trouver un partenaire avec qui on va échanger non seulement sur ce qu’on a fait, mais aussi sur ce qu’on a ressenti et aux idées (associations, souvenirs, projets, réflexions...) qui sont venues.
Ne pas se contenter d’échanger sur les productions.

• Noter quelques mots pour garder trace de cet échange et réécrire les bribes de textes qu’on a notées juste avant l’échange (sans doute y aura-t-il des différences).

7. Danser, individuellement et de préférence les yeux fermés, en occupant tout l’espace, son dessin ou son écriture sur la musique pendant qu’on la ré-écoute une nouvelle fois.

variante possible  : faire suivre par une "danse interactive" : continuer à danser en coordonnant ses mouvements dansés à deux, puis à quatre, puis à huit...
"s’associer et couler ensemble les gestes pour en faire une danse commune"

8. Retour sur le papier : calligraphier sa danse.

C. MISE EN PERSPECTIVE.

9. L’histoire de votre danse. Etape d’écriture. Repérer les thèmes de cette histoire. Mettre des mots si ce qu’on a expérimenté. Reprendre les traces écrites précédentes. Mots, phrases ou texte suivi.

• et pourquoi pas, mélanger texte et signes, casser la logique linéaire, penser aux schémas heuristiques, aux dessins centrés, organiser ses idées en mandala...

Si on a le temps, faire une fresque collective, qui traduit la danse collective s’il y en a eu une.

10. Echange, synthèse et théorisation.

Enjeux : Quelques pistes pour une théorisation.

• Le corps est un outil de connaissance et la beauté une manière de comprendre le monde, c’est donc une forme d’intelligence.

• Le geste mène au signe, le signe au sens, et peut-être que le mythe n’est pas loin.

• Si le geste permet de contruire du sens, le geste collectif amène à la co-construction du sens : il touche alors à l’universel.

• La culture passe aussi par le geste. Chaque culture a ses gestes, sa façon de toucher. Entrer dans les gestes d’une culture, jouer sa musique et danser ses danses, permet de mieux la connaître, de mieux la respecter.
Quand des israéliens et des palestiniens arrivent à danser les danses de l’autre peuple, un grand pas vers la paix s’accomplit.

• Le graffiti, le tag, le gribouillis est en liaison avec l’inconscient, et l’inconscient touche au fond commun qui nous rend proche - sinon semblable - aux autres hommes, et plus encore à ceux de notre culture.

• Un geste d’homme n’est pas un geste de femme. Chemins pour mieux se connaître, affectivement, mais intellectuellement et sensuellement aussi peut-être...

• Harmonie, intégration (intégrité) contre le morcèllement : unité, universalité.
Légèreté (kinesthésique) - harmonie (auditif) et transparence (visuel) et justesse du geste, donc de l’effort, concentration d’énergie (Tai Chi). Elégance (concept mathématique) et simplicité

• c’est quoi la beauté d’un geste, d’une danse, celle d’une écriture, d’un design, d’une ligne en architecture, en peinture ou en sculpture...?

• La belle écriture entraîne la bonne orthographe. Par quel miracle ?

• De 7 à 14 ans, l’enfant à besoin d’être entouré de beauté (comme il a surtout besoin de bonté avant 7 ans et de vérité après 14 ans), a dit Rudolf Steiner.

• Quels liens entre "savoir une idée (un contenu) (néo-cortex) - une façon de la connaître (modalité, processus de pensée, ) (cerveau sensori-moteur - mouvement et gestuelle) et une façon de la ressentir (cerveau limbique - relationnel-émotionnel) ? Peut-être y a-t-il un savoir de ceux qui savent sans vraiment connaître, et une connaissance qui ne se base pas sur un savoir...

• Plaidoyer pour une connaissance non seulement intellectuelle des choses mais aussi sensible (cf. le concept d’intelligence émotionnelle) en histoire, en géographie, en mathématique...

• Et puis, et puis… une ouverture est possible sur les calligrammes de Christian DOTREMONT (par exemple « J’écris donc je crée », Collection fac-similé, Didier Devillez Éditeur ou « les yeux pleins d’invisible… », Abbaye de Stavelot, mai-juin 2002).

Michel Simonis
Atelier animé aux Rencontres pédagogiques d’été (RPE) - 17 août 2005




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